Vienne sans concessions
Vienne n'a pas honte d'être chère. Un café au Café Central coûte 6,50 €, l'entrée dans un musée tourne entre 18 et 22 €, et même les hôtels milieu de gamme du Premier arrondissement affichent 140 € la nuit au minimum. Ce que l'on paie — et il vaut mieux le savoir avant de réserver — c'est l'un des centres-villes du XIXe siècle les mieux préservés d'Europe, un réseau de transports en commun qui fonctionne vraiment, et une culture du café si particulière qu'elle a obtenu le statut de patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2011.
La ville qui a vu naître Freud, Klimt, Mahler, Schiele et Wittgenstein en l'espace de deux décennies autour du tournant du siècle dernier vit sur cet âge d'or depuis 125 ans. Avec élégance, il faut le reconnaître. Vienne trône régulièrement en tête des classements mondiaux sur la qualité de vie, ses rues sont d'une propreté qui surprend les visiteurs venus d'autres capitales, et l'efficacité bureaucratique qui intimide légèrement les touristes est précisément ce qui fait passer le U-Bahn toutes les 3 minutes.
Certes, la ville a quelque chose de guindé. Les serveurs des grands cafés peuvent afficher l'air de juges présidant un procès silencieux. Les musées ont plus de marbre que vos pieds n'en supporteront dans l'après-midi. Mais voilà ce qu'il faut comprendre : Vienne est aussi une ville éminemment pratique, et la cuisine — dès que l'on s'éloigne des Wiener Schnitzel à 28 € l'assiette autour de la Stephansplatz — est franchement bonne.
Le Premier arrondissement : la monarchie des Habsbourg en grande pompe
L'Innere Stadt — le Premier arrondissement de Vienne — est là où finissent tous les primo-visiteurs, qu'ils l'aient prévu ou non. Les lignes de métro U1 et U3 déposent à Stephansplatz, et la cathédrale Saint-Étienne (Stephansdom) se dresse au centre de tout : 136 mètres d'ambition gothique achevés en 1433, entrée libre, et rigoureusement impossible à photographier sans d'autres touristes dans le cadre. La montée de la Tour Sud (344 marches, 5,50 €, à payer sur place) offre la plus belle vue dégagée sur les toits de Vienne. La Tour Nord dispose d'un ascenseur, mais le panorama est nettement moins intéressant — inutile de s'y attarder.
À deux blocs vers l'ouest, le complexe du Palais de la Hofburg occupe une bonne partie de l'arrondissement. Mieux vaut renoncer à tout voir en une seule visite : 18 ailes, 19 cours intérieures et 2 600 pièces, construites sur six siècles. Les Appartements impériaux et le Musée Sisi (billet combiné 17,50 €) constituent l'attraction principale : les rituels d'exercice physique obsessionnels de l'impératrice Élisabeth, sa chevelure légendaire tombant jusqu'au sol, sa manière singulière d'habiter son rôle. Plus intéressante et bien moins fréquentée : la Collection d'argenterie impériale au rez-de-chaussée, une exposition franchement étrange réunissant assez de vaisselle pour servir 300 convives simultanément, disposée comme si les Habsbourg pouvaient en avoir besoin d'ici jeudi prochain.
L'Opéra d'État de Vienne (Staatsoper) ancre l'extrémité sud du Ring. Les places debout coûtent entre 3 et 10 €, vendues au guichet 80 minutes avant le lever de rideau — la file se forme généralement 60 minutes à l'avance. Les places assises varient de 35 à 250 € selon le spectacle et la position. La maison programme entre 50 et 60 opéras par saison, de septembre à juin.
À éviter : les restaurants dans un rayon de trois blocs autour de la Stephansplatz. Le Graben et les rues avoisinantes pratiquent des prix touristiques pour une qualité systématiquement médiocre. Six minutes à pied en direction de la Bäckerstraße ou de la Schönlaterngasse, et le niveau change radicalement.
Le Sixième arrondissement et le Naschmarkt
De l'autre côté de la Wienzeile, au sud du Ring, la ville change de registre. Mariahilf — le Sixième arrondissement de Vienne — est là où les appartements en location surpassent en nombre les chambres d'hôtel, où les cafés servent leurs habitués, et où les rues ont la texture de la vie ordinaire plutôt que du tourisme sous cloche.
Le Naschmarkt s'étire sur 1,5 km le long de la Wienzeile, de la station U4 Kettenbrückengasse jusqu'à U4 Karlsplatz. Il ouvre à 6h du lundi au samedi ; les vrais amateurs de bons produits arrivent avant 10h. En semaine après midi, la clientèle se partage à parts égales entre touristes et habitués venus déjeuner. On y trouve pêle-mêle fromages de montagne autrichiens, épices turques, sandwichs vietnamiens, snacks japonais, conserves au vinaigre de toutes sortes et saucisses aux origines indéfinissables, tout cela dans des échoppes voisines. Prévoir entre 15 et 25 € pour une déambulation sérieuse agrémentée de grignotages en milieu de matinée — les stands de fromages côté Kettenbrückengasse proposent des assiettes de dégustation autour de 8 €.
Le samedi matin, le marché aux puces installé à l'extrémité ouest fonctionne de 6h30 à 14h. Ce n'est pas le genre de foire aux antiquités bien sélectionnée ; c'est chaotique, propice à la négociation, et parfois franchement intéressant. Mieux vaut arriver avant 8h.
Gasthaus Pöschl (Weihburggasse 17, Premier arrondissement, plats 18–28 €) est la valeur sûre pour la Wiener Schnitzel dans le centre — escalope de veau correctement aplatie et panée, 26,50 €, et le Tafelspitz (bœuf bouilli au raifort) est ce que commandent les habitués. Pour le vin : Zum Wohl (Schleifmühlgasse 17, Sixième arrondissement) est un bar à vins naturels doté d'une vraie cuisine — producteurs autrichiens au verre à partir de 5,50 €, petites assiettes dès 8 €.
Schönbrunn : arriver tôt, rester longtemps
Le palais de Schönbrunn, dans le Treizième arrondissement, est l'étape incontournable — et cette réputation est méritée. La ligne U4 depuis Karlsplatz y mène en 12 minutes, jusqu'à la station Schönbrunn qui débouche directement devant les grilles du palais. Aucune recherche d'itinéraire nécessaire.
Le palais lui-même (Grand Tour, 40 salles, 24,50 €) est un exercice de décoration baroque poussée à l'extrême — chaque pièce rivalisant avec la suivante en densité de fresques au plafond. La vraie raison d'y venir reste cependant les jardins : ils sont gratuits, grimpent jusqu'au Gloriette, arc de triomphe au sommet de la colline, depuis lequel toute la ville se déploie à plat en direction du Danube. Début juin, les roseraies devant la façade principale sont à leur meilleur.
Le Jardin privé (Privy Garden) à droite du palais (mai–octobre, 5,50 €) est resté fermé au public pendant deux siècles et n'a rouvert qu'en 2011. C'est aujourd'hui l'un des espaces les plus calmes du centre de Vienne — un jardin à la française avec de grands arbres matures et presque personne. Le léger supplément vaut la peine pour échapper à l'animation de la cour principale.
En été (juin–août), il faut être sur place avant 9h30. Dès 11h un week-end de juillet, la cour principale est tellement bondée que le moindre déplacement devient difficile. Le Tiergarten Schönbrunn (zoo de Vienne, 23 € adulte) partage l'enceinte du palais — fondé en 1752 sous Marie-Thérèse, c'est le plus ancien zoo en activité continue au monde.
Les cafés : ce que Vienne fait mieux que tout
La tradition des cafés viennois n'est pas une mise en scène pour touristes. Le Kaffeehaus viennois est une institution à part entière : on commande un café, on reçoit un petit verre d'eau plate avec, et l'on peut rester aussi longtemps que l'on souhaite sans que personne ne pousse à la consommation. Journaux, jeux d'échecs et Wi-Fi sont à disposition. On n'est pas un client que l'on sert ; on occupe un espace qui fonctionne comme un lieu de vie sociale.
Café Central (Herrengasse 14, Premier arrondissement) est le plus célèbre — Trotski y aurait joué aux échecs avant la révolution russe, et une statue de cire à son effigie près de l'entrée est là pour le rappeler. L'endroit est bondé, les touristes le connaissent, et le Melange (mi-espresso, mi-lait vapeur) coûte 6,50 €. On y va une fois, on vise une table en fenêtre si possible, on commande l'Apfelstrudel (5,90 € avec sauce vanille), et on accepte de vivre la version touristique d'un lieu qui fut autrefois tout autre chose.
Café Hawelka (Dorotheergasse 6, Premier arrondissement) est bien plus authentique — la même famille le tient depuis 1939, et les boiseries sombres de l'intérieur n'ont presque pas changé. Les Buchteln (petits pains briochés fourrés au pavot, 4,90 €) ne sont servis qu'à partir de 22 h. C'est donc en fin de soirée que ce café se révèle sous son meilleur jour. Ouvert jusqu'à 2 h du matin le week-end.
Café Tirolerhof (Führichgasse 8, Premier arrondissement), juste derrière l'Albertina, est systématiquement ignoré des guides touristiques — et c'est précisément pour cela qu'on peut lui faire confiance. Melange à 4,90 €. Pas de queue. Pas de statue de cire. Pas de groupe en visite guidée qui se commente lui-même.
Pour une atmosphère plus jeune : Phil (Gumpendorfer Str. 10–12, Sixième arrondissement) est un café-librairie d'occasion avec un bon café filtre et une sélection musicale qui ne ressemble pas à un hall d'hôtel. Le rayon livres de design est vraiment bien fourni.
Le MuseumsQuartier : le pôle artistique de Vienne
Le MuseumsQuartier (MQ) de Vienne occupe le Septième arrondissement, sur l'emplacement des anciennes écuries impériales — un ensemble de musées, de cours et de terrasses de café qui constitue la plus grande concentration d'institutions artistiques majeures accessibles à pied dans la ville. En été, les cours du MQ se remplissent de transats et deviennent l'espace de détente en plein air le plus vivant que Vienne puisse offrir.
Juste en dehors du MQ, sur le Ring, le Kunsthistorisches Museum (KHM) est l'un des grands musées d'art d'Europe. La collection des Habsbourg réunit L'Art de la peinture de Vermeer, la série complète des Saisons de Bruegel, des salles entières de portraits de cour par Velázquez, et la plus grande collection d'œuvres de Cellini au monde. Entrée : 22 € ; le premier dimanche de chaque mois, l'accès est gratuit jusqu'à midi. Prévoir au minimum une demi-journée.
Au sein du MQ, le mumok (Musée d'art moderne, 14 €) est à la bonne échelle pour un après-midi — assez riche pour réserver des surprises, sans être si vaste qu'on finit par décrocher. La collection permanente couvre le Pop Art jusqu'à l'Actionnisme viennois. Si ce courant ne vous dit rien, le mumok s'en chargera — parfois de façon déstabilisante.
Le Leopold Museum (18 €) abrite la plus grande collection au monde d'œuvres d'Egon Schiele. Mort à 28 ans lors de la pandémie de grippe de 1918, l'artiste a laissé une œuvre dense et concentrée, ce qui explique que tant de ces toiles dégagent une urgence presque fiévreuse.
Le Belvédère : un tableau qui justifie le déplacement
Le Belvédère supérieur (Oberes Belvedere, 16 €) abrite la collection nationale autrichienne — portraits du XVIIIe siècle, peinture de paysage du XIXe — puis, au fil de la visite, Le Baiser de Gustav Klimt.
La toile mesure 180 × 180 cm, huile et feuilles d'or véritable, peinte entre 1907 et 1908. La plupart des visiteurs s'attendent à quelque chose de plus grand. Ce n'est pas le cas — mais les feuilles d'or captent la lumière différemment selon l'angle, et la salle est disposée de façon à ce qu'on découvre le tableau à environ cinq mètres en entrant.
Les jardins qui relient le Belvédère supérieur au Belvédère inférieur sont accessibles gratuitement de jour. Le parterre à la française, l'axe des fontaines et le bassin en miroir au pied du Belvédère supérieur comptent parmi les espaces publics les mieux conçus de la ville. En fin d'après-midi, quand la lumière rasante vient frapper la façade, le moment est idéal pour s'y attarder.
Belvedere 21 (Arsenalstraße 1, 10 €) est un pavillon moderniste construit pour l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958, consacré aujourd'hui à l'art autrichien contemporain. La fréquentation y est très faible. Le café sur place est excellent et sensiblement moins cher que tout ce que proposent les environs immédiats du Belvédère principal.
Pour organiser l'après-midi : Belvédère supérieur (16 €) + jardins (gratuit) + café au Belvedere 21 = environ 22–24 €. Le billet combiné Belvédère supérieur + inférieur (25 €) ne vaut la peine que si l'on consacre vraiment une journée entière à la peinture baroque et du XIXe siècle autrichien.
Où dormir : choisir son quartier
Vienne compte 496 hôtels, des pensions à moins de 80 € dans les arrondissements périphériques aux suites à plusieurs centaines d'euros dans les palais de l'Innere Stadt. Le critère déterminant n'est pas tant le budget que l'ambiance que l'on souhaite trouver en franchissant la porte.
| Quartier | Tarif par nuit | Atmosphère | Idéal pour | Transports |
|---|---|---|---|---|
| Innere Stadt (1er) | 160–380 € | Grandiose, formel, très touristique | Opéra, courts séjours, affaires | U1/U3 Stephansplatz |
| Mariahilf (6e) | 85–160 € | Vivant, ancré dans le quotidien viennois, proche du Naschmarkt | Bon rapport qualité-prix, longs séjours | U4 Kettenbrückengasse |
| Neubau (7e) | 100–200 € | Créatif, restaurants indépendants | Amateurs de design, visiteurs réguliers | U2/U3 Volkstheater |
| Landstrasse (3e) | 110–220 € | Calme, résidentiel, vue sur le Belvédère | Séjours axés sur l'art | U3 Rochusgasse |
| Alsergrund (9e) | 85–170 € | Quartier universitaire, vrais cafés viennois | Visiteurs en quête d'authenticité | U6 Alser Straße |
| Döbling (19e) | 90–180 € | Verdoyant, vallonné, vignes et Heurigen | Tourisme viticole, rythme plus lent | Tram D, U4 Heiligenstadt |
Le calcul est simple pour le premier arrondissement : la proximité de la cathédrale ajoute environ 60 à 100 € par nuit par rapport à des établissements de qualité équivalente à Mariahilf ou Neubau. L'U4 de Kettenbrückengasse à Stephansplatz prend cinq minutes. Ce surcoût se justifie ou non selon le nombre de matinées que l'on compte passer devant la cathédrale.
Réserver tôt en décembre. La période des marchés de Noël (mi-novembre au 26 décembre) est le seul moment où les hôtels viennois affichent complet dans tous les arrondissements, parfois plusieurs semaines à l'avance. Le marché de Spittelberg, à Neubau, est plus petit et plus chaleureux que le grand marché du Rathausplatz — un argument supplémentaire pour ce quartier si les marchés sont au cœur du voyage.
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Se déplacer : le métro fait le travail
Les transports en commun viennois comptent parmi les vrais points forts de la ville, et la plupart des visiteurs ne les exploitent pas assez. Cinq lignes de U-Bahn, 28 lignes de tramway et un réseau de bus étendu desservent pratiquement tous les points des arrondissements centraux et au-delà.
Le ticket à l'unité coûte 2,40 €. La Vienna City Card (17 €/24 h, 25 €/48 h, 32 €/72 h) donne accès illimité au U-Bahn, aux tramways et aux bus, ainsi que des réductions dans plus de 200 musées et sites. Elle devient rentable dès quatre trajets simples — l'acheter à l'arrivée, dans n'importe quelle station de métro ou à l'aéroport, est presque toujours la bonne décision.
Les rames se succèdent toutes les 2 à 5 minutes aux heures de pointe, de 5 h environ jusqu'à 0 h 30. Les vendredis et samedis soirs, les cinq lignes de U-Bahn fonctionnent en continu toute la nuit — rentrer après l'opéra ou une soirée dans un Heuriger ne pose jamais de problème logistique.
Le tram D fait le tour complet de la Ringstrasse pour 2,40 €. C'est une bien meilleure introduction aux bâtiments du Ring que n'importe quel circuit en bus à 30 €. Il suffit de monter à la Südbahnhof et de faire un tour complet.
Liaisons aéroport : le S7 S-Bahn coûte 4,20 € et relie l'aéroport à Wien Mitte en une trentaine de minutes, avec correspondance vers les lignes U3 et U4. Le City Airport Train (CAT) parcourt le même trajet en 16 minutes pour 14,90 €. Pour la plupart des séjours, le S7 reste le choix le plus raisonnable.
Quand partir
De mars à mai, les tarifs hôteliers sont 30 à 60 € moins chers par nuit qu'en été, les files d'attente dans les musées restent gérables en semaine, et le festival Wiener Festwochen (mi-mai à mi-juin) propose une programmation théâtrale et musicale qui donne à Vienne une vraie vie contemporaine.
De juin à août, c'est la haute saison : journées longues (coucher de soleil après 21 h fin juin), cinéma en plein air au Rathausplatz, concerts au Stadtpark et afflux massif du tourisme estival européen. Mieux vaut réserver six à huit semaines à l'avance pour juillet et août dans les arrondissements centraux.
Décembre est la saison des marchés de Noël — le deuxième pic de demande de l'année. Le marché du Rathausplatz (plus de 900 stands, mi-novembre au 26 décembre) est le plus grand. Ceux du Schönbrunn et du Belvédère offrent un cadre plus élégant et des queues plus courtes. Les tarifs grimpent autour du premier week-end de décembre.
Janvier et février sont calmes en dehors de la saison des bals. L'Opernball de fin février et le Concert du Nouvel An de la Philharmonique de Vienne le 1er janvier provoquent des pics localisés, mais en dehors de ces dates, les tarifs hivernaux sont les plus bas de l'année et le Kunsthistorisches Museum est presque vide les matins de semaine.
Dernière note : les jardins de vin Heuriger de Grinzing et Heiligenstadt (tous deux dans le 19e arrondissement) sont ouverts toute l'année et servent le Grüner Veltliner et le Blaufränkisch produits dans les vignes qui entourent Vienne. Une soirée là-bas — tram D vers le nord, choisir un jardin fréquenté par les habitants plutôt que par les groupes, vin de la maison au Viertel (quart de litre, environ 3,50 €) — c'est l'expérience qui permet de vraiment comprendre cette ville.
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