Où dormir à Shanghai : le guide par quartier
Réserver le mauvais quartier à Shanghai, et c'est tout un séjour passé à regarder défiler des voies rapides surélevées par la vitre du taxi, au lieu de la ville venue pour être découverte. Ici, « proche de tout » et « loin de tout » peuvent se jouer à quatre stations de métro d'écart, et la photo de skyline sur le site de l'hôtel ne dit presque rien de ce qui vous attend une fois la porte franchie.
Shanghai n'est pas une seule ville. Ce sont quatre ou cinq villes superposées — un port colonial au bord du fleuve, une ancienne concession française devenue quartier de vie nocturne, un centre financier futuriste sorti des rizières dans les années 1990, et une ville-temple engloutie au beau milieu de tout ça. Le choix du quartier détermine quelle version de Shanghai on découvre vraiment.
La réponse courte
Pour un premier séjour, avec l'envie de marcher jusqu'au jardin Yu, au fleuve et à la rue de Nankin, mieux vaut loger sur le Bund. Pour préférer s'attarder dans un café au bord d'une allée bordée d'arbres et bien manger chaque soir, direction la Concession française. Pour un séjour professionnel, ou simplement par amour d'un beau panorama urbain, Pudong s'impose. Et pour une base plus tranquille, avec un accès rapide en métro à tout le reste, Jing'an déçoit rarement.
Aucun de ces choix n'est mauvais. Mais ce sont des séjours radicalement différents, et les 400 yuans d'écart entre une chambre d'hôtel d'affaires à Jing'an et une chambre avec vue sur le fleuve sur le Bund achètent une semaine complètement différente.
Le Bund et la vieille ville : où loger pour un premier séjour
Le Bund, c'est la raison d'être des cartes postales de Shanghai — un kilomètre incurvé de banques et de maisons de commerce en pierre datant des années 1920-1930, face au fleuve Huangpu, avec les tours de verre de Pudong qui s'illuminent juste en face. En logeant ici, le meilleur moment du séjour ne coûte rien : la promenade au bord du fleuve après 19 heures, quand le skyline de Pudong s'allume, tout en couleurs, se reflétant dans l'eau.
Les hôtels historiques installés dans d'anciennes banques et maisons de commerce restaurées font payer cette vue, généralement entre 1 400 et 2 800 yuans la nuit pour une chambre avec vue sur le fleuve, et entre 900 et 1 300 yuans à un ou deux pâtés de maisons en retrait. C'est une vraie prime par rapport au reste de la ville, mieux vaut le savoir avant de réserver que de le découvrir au moment de payer.
Ce que cela apporte : le jardin Yu et le bazar de la vieille ville se trouvent à 10 minutes à pied au sud, à faire avant 9 heures pour profiter des maisons de thé et du pont en zigzag sans les groupes de touristes. La rue de Nankin, l'artère commerçante la plus fréquentée de Chine, part vers l'ouest depuis l'extrémité nord du Bund — piétonne, animée, illuminée comme Times Square à la tombée de la nuit. Les lignes 2 et 10 du métro s'arrêtent toutes deux à quelques minutes de la promenade, ce qui compte, car le Bund n'est pas l'endroit où l'on dîne la plupart des soirs.
L'envers du décor, en toute honnêteté : le Bund est un monument, pas un quartier de vie. Une fois les bus de touristes repartis vers 21 heures, les rues situées juste derrière la promenade se vident rapidement, et il y a un vrai manque de restaurants décontractés à distance de marche de la plupart des hôtels. Il faudra compter 10 minutes de taxi ou de métro pour bien dîner la plupart des soirs. Si ce compromis pose problème, la suite du guide propose d'autres options.
Consultez les hôtels à Shanghai en filtrant sur le secteur du Bund et de la vieille ville pour comparer les tarifs vue sur le fleuve à ceux d'un pâté de maisons en retrait.
Concession française : le quartier dont on tombe amoureux
Demandez à quiconque a passé plus de trois jours à Shanghai où il choisirait de loger la prochaine fois : la plupart répondent la Concession française. Ce n'est pas tant un quartier délimité sur une carte qu'une atmosphère — platanes, villas basses des années 1920, ruelles qui ne suivent aucune ligne droite, répartis entre ce que les habitants distinguent encore comme la Concession française proprement dite et la poche plus récente de Xintiandi, juste à l'est.
L'intérêt de ce quartier tient surtout à son bâti. Les shikumen — ces maisons de ruelle à porche de pierre, construites il y a un siècle pour la classe moyenne montante de Shanghai — ont été converties, îlot par îlot, en hôtels de charme, bars à vin et ateliers de design. Une poignée de véritables adresses de charme occupent d'authentiques bâtiments shikumen, et elles affichent complet des semaines à l'avance en octobre comme en avril.
Xintiandi lui-même est plus policé et plus onéreux : un ancien îlot de shikumen entièrement reconstruit, transformé en complexe de restaurants et boutiques à ciel ouvert, plus proche d'un centre commercial élégant en plein air que d'un véritable quartier vivant. L'endroit se prête bien à un dîner, moins à un séjour de quatre nuits.
Les tarifs oscillent entre 650 et 1 400 ¥, selon la proximité avec Huaihai Middle Road ou, à l'inverse, une ruelle plus tranquille en retrait. La ligne 1 du métro relie le quartier à Jing'an en moins de six minutes vers le nord, et à Xujiahui pour d'autres possibilités de shopping vers le sud. L'inconvénient de loger ici : il faut compter 20 à 25 minutes de métro pour rejoindre le Bund et le jardin Yu, et la ligne d'horizon de Pudong devient une véritable excursion plutôt qu'une simple promenade.
Pour tout séjour de plus de quatre nuits, la Concession française l'emporte largement sur le Bund. Le Bund gagne les 48 premières heures ; la Concession remporte tout le reste du voyage.
Comparatif des quartiers en un coup d'œil
| Quartier | Tarif moyen par nuit | Idéal pour | Métro le plus proche | Contrepartie |
|---|---|---|---|---|
| Le Bund et la vieille ville | 900–2 800 ¥ | Premier séjour, vues sur le fleuve, jardin Yu | Lignes 2, 10 | Calme le soir, dîner nécessite un trajet |
| Concession française | 650–1 400 ¥ | Gastronomie, ambiance, séjours longs | Lignes 1, 10, 13 | 20–25 min du Bund et de Pudong |
| Pudong (Lujiazui) | 700–1 900 ¥ | Voyage d'affaires, vues sur la skyline, accès Maglev | Lignes 2, 14 | Ambiance plus corporate, moins de vie de rue |
| Jing'an | 550–1 100 ¥ | Base centrale, bon rapport qualité-prix, correspondances faciles | Lignes 2, 7 | Moins de sites remarquables à pied |
Pudong : d'abord la ligne d'horizon, le quartier ensuite
En traversant le fleuve, Shanghai cesse de ressembler à une ville portuaire des années 1930 pour prendre les traits du futur tel qu'on l'imaginait dans les années 1990. Lujiazui, le cœur financier de Pudong, est le quartier où se dressent, à quelques rues l'une de l'autre, la Shanghai Tower (632 mètres, le plus haut bâtiment de Chine) et la tour de la Perle orientale ; leurs plateformes d'observation offrent une vue d'ensemble sur la ville que la perspective au niveau du sol du Bund ne peut égaler.
Les voyageurs d'affaires y échouent presque naturellement : les grandes banques, cabinets de conseil et hôtels de conférence se concentrent autour de Lujiazui, où une chambre correcte dans une enseigne internationale coûte entre 700 et 1 900 ¥. Les chambres côté fleuve, avec vue sur le Bund, méritent qu'on les recherche activement : on profite du panorama pour lequel les clients des hôtels du Bund paient cher, souvent à moindre coût, puisqu'on contemple l'architecture patrimoniale au lieu d'y loger.
Le Maglev est une autre bonne raison de considérer Pudong : il parcourt les quelque 30 km jusqu'à l'aéroport international de Pudong en environ 8 minutes depuis la station Longyang Road, atteignant 431 km/h en chemin. Le billet aller simple coûte 50 ¥ (40 ¥ avec un billet d'avion du jour même). C'est sans doute l'une des activités les plus amusantes à faire à Shanghai pour moins cher qu'un café chez soi, même s'il faut savoir que Longyang Road n'est pas l'aéroport lui-même : un taxi ou une correspondance en métro reste nécessaire à chaque extrémité.
Ce que Pudong n'a pas : de vie de rue. Lujiazui, ce sont des superblocs, des passerelles surélevées et des aires de restauration de centres commerciaux. Les habitants le diront, mi-sérieux mi-blagueurs : personne ne vit vraiment là — ce ne sont que des bureaux, des hôtels et des boutiques empilés dans une très belle photographie. On y séjourne pour la vue et le Maglev ; il ne faut pas s'attendre à tomber par hasard sur un bon petit restaurant de quartier en rentrant du dîner.
Jing'an : la base que personne ne regrette
Jing'an se trouve géographiquement au cœur de Shanghai, et c'est à peu près tout l'argument. Le quartier n'apparaîtra pas dans beaucoup de listes des « meilleurs quartiers » car il n'a pas d'attraction phare unique — mais les lignes de métro 2 et 7 le traversent toutes les deux, ce qui signifie que le Bund, la Concession française et Pudong sont tous à 15–20 minutes de trajet, et les tarifs y sont sensiblement plus doux que partout ailleurs.
Le temple Jing'an — reconstruit en 1882 dans le style de la dynastie Song après qu'un incendie eut détruit l'original, bien que le site lui-même remonte à plus de 1 700 ans — ancre le quartier, avec ses toits dorés d'une luminosité saisissante au milieu des tours de bureaux environnantes. Les 50 ¥ d'entrée du temple achètent un quart d'heure de calme véritable en plein cœur d'une des zones les plus animées de la ville.
Le quartier regroupe aussi plusieurs musées d'art contemporain et les boutiques phares de West Nanjing Road, ainsi qu'une scène culinaire authentique et moins touristique dans les petites ruelles à l'écart des grands axes. Les chambres se négocient entre 550 et 1 100 ¥ — le meilleur rapport qualité-emplacement de la ville, et le choix honnête à privilégier pour un court séjour où l'on préfère un seul hôtel pour tout plutôt que de changer de quartier en cours de route.
Voir les hôtels à Jing'an et dans le centre de Shanghai pour comparer les disponibilités à chaque niveau de prix avant de choisir un quartier.
Se déplacer : le métro fonctionne vraiment
Le métro de Shanghai compte 20 lignes sur 831 km — le plus grand réseau au monde, et de loin. Les tarifs à l'unité démarrent à 3 ¥ et augmentent avec la distance, plafonnant bien en dessous de 15 ¥ pour les trajets traversant la ville. La ligne 2 relie l'aéroport de Pudong à People's Square en environ 45 minutes, et la plupart des hôtels se trouvent à moins de 10 minutes à pied d'une station.
Les rames circulent grosso modo de 5h30 à 23h, avec des horaires plus resserrés sur les lignes périphériques. Mieux vaut acheter une carte de transport public de Shanghai à une borne de station (caution remboursable de 20 ¥) plutôt que de jongler avec des tickets à l'unité à chaque trajet — elle fonctionne aussi dans les bus et certains taxis. Autre option : les touristes peuvent désormais poser directement une carte bancaire étrangère sans contact sur la plupart des portiques, la solution la plus simple pour un séjour de moins d'une semaine.
Les taxis sont au compteur et bon marché selon les standards occidentaux — un trajet de 20 minutes dépasse rarement 40 ¥ — mais les chauffeurs parlent peu anglais et héler un taxi dans la rue devient compliqué sous la pluie ou aux heures de pointe. Didi (l'application locale de VTC, l'équivalent chinois d'Uber) est la solution de secours habituelle ; il vaut mieux la télécharger et y associer une carte avant l'arrivée, car la configurer sur place avec une connexion instable est un tracas évitable dès le premier jour.
Manger : que commander vraiment
Le plat emblématique de Shanghai, ce sont les xiaolongbao — raviolis à la soupe — et le débat sur la meilleure adresse de la ville est un véritable sport local. Din Tai Fung est la valeur sûre, une chaîne internationale un peu plus chère (environ 88 ¥ pour un panier de dix), mais pour l'expérience locale authentique, on fait la queue chez Jia Jia Tang Bao, près de People's Square, où un panier coûte plutôt 26 ¥ et où la file commence à se former avant 11h.
Ne manquez pas les shengjianbao — ces raviolis de porc poêlés à la base croustillante, vendus dans des échoppes de rue pour 10 à 15 ¥ les quatre pièces. Ils se dégustent debout, cinq minutes après la cuisson, quand le bouillon à l'intérieur est encore dangereusement chaud.
Pour un vrai repas assis, les ruelles de la Concession française qui partent de la rue Wukang et de la rue Anfu abritent certains des meilleurs restaurants indépendants de la ville — cuisines du Yunnan, du Sichuan ou shanghaïenne revisitée, absentes des sites d'avis en anglais, ce qui n'est pas un hasard. Comptez 80 à 150 ¥ par personne pour un dîner complet avec quelques boissons, soit environ un tiers du prix d'un repas comparable sur le Bund.
Quelques conseils pratiques avant de partir
Certains détails surprennent souvent les visiteurs de passage, et aucun ne peut s'improviser sur place.
- Visa : la plupart des nationalités doivent obtenir un visa touristique chinois avant le départ. Un transit sans visa de 144 heures s'applique à 53 nationalités entrant par les aéroports de Pudong ou de Hongqiao — pratique pour une courte escale, mais il convient de vérifier son éligibilité et les règles d'entrée/sortie par ville avant de réserver, ces conditions ayant changé plusieurs fois ces deux dernières années.
- VPN : à installer avant l'arrivée. Google, WhatsApp, Instagram et la plupart des applications occidentales sont bloqués, et télécharger un VPN une fois connecté aux réseaux chinois est quasiment impossible.
- Paiements : Alipay et WeChat Pay dominent les transactions du quotidien — même les stands de rue attendent un scan de QR code. Les visiteurs étrangers peuvent désormais lier une carte internationale à la version touriste d'Alipay, ce qui résout l'essentiel du problème, mais il reste prudent de garder un peu d'espèces (yuans) pour les petits commerçants qui n'acceptent pas ce mode de paiement.
- Aéroports : Pudong International (PVG) accueille la majorité des vols internationaux et se rejoint via le Maglev ou la ligne 2 du métro. Hongqiao (SHA) est surtout dédié aux vols intérieurs, à environ 30 minutes du centre de Shanghai par les lignes 2 ou 10 du métro.
- Langue : l'anglais est présent dans le métro et sur les grands sites, mais les chauffeurs de taxi et les petits restaurants le parlent rarement. Une application de traduction avec support hors ligne du chinois évite bien des frustrations.
Alors, où réserver ?
Pour un prochain séjour à Shanghai, le mieux serait de partager le temps sur place : deux nuits sur le Bund pour la skyline et le jardin Yu, puis un déménagement vers la Concession française pour le reste du séjour. De quoi profiter tôt de la carte postale, puis vivre le quartier au rythme réel de ses habitants pour la suite — meilleure cuisine, meilleurs matins, et un trajet en taxi plus court après le dîner.
Les voyageurs d'affaires ont tout intérêt à réserver directement à Pudong, sans hésiter davantage : le Maglev et la proximité avec les bureaux de Lujiazui l'emportent sur tout le reste. Et pour qui manque de temps ou de budget et souhaite un hôtel permettant de rejoindre tous les points d'intérêt en moins de 20 minutes, Jing'an reste la valeur sûre, un peu sage mais toujours pertinente.
Comparez les tarifs et disponibilités des quatre quartiers sur la page Shanghai de HotelScout, et découvrez les autres grandes destinations de Chine si Shanghai n'est qu'une étape d'un voyage plus long.